10 CHOSES A NE PAS FAIRE AVEC UN ENFANT AUTISTE

Les écueils à éviter avec un enfant autiste

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AVRIL – MOIS DE L’AUTISME (mais on reste autistes toute l’année et toute la vie!)

 

Ces conseils ci-contre s’adressent aux enseignants, parents, etc. – 10 choses à ne pas faire – inspirée d’un article du site « Burbujitas de esperanza »

 

A FAIRE ET A NE PAS FAIRE (ceci est transposable aux adultes autistes) :

  1. Il ne faut pas donner une mauvaise intention au comportement de l’enfant. Ou le considérer mal élevé ou ayant un manque de discipline.

A savoir : chez un autiste Asperger, il y a un décalage de 2 ans par rapport à l’âge mental. Ceci n’enlève en rien les pics d’habileté et donc on a une intelligence qui coexiste avec un décalage cognitif. Ne pas considérer que parce que l’enfant est intelligent, il comprend tout et se paye notre tête…

  1. Anticiper les événements. L’enfant ne peut pas toujours s’adapter au rythme des autres

Il faut savoir, d’une part, que les taches impliquent pour un autiste de travailler avec une masse importante d’informations (notre cerveau ne fait pas le tri) et en plus de façon « manuelle ». Si on demande trop, l’autiste arrive à saturation, donc on peut voir apparaître ce qui est appelé « trouble de l’opposition ». En général c’est une réaction naturelle qui devrait être un signal d’alerte pour savoir qu’on a poussé le bouchon trop loin… Ne pas punir l’enfant en plus : ce serait inutile et contre-productif. L’enfant garderait un sentiment d’injustice et d‘incompréhension.

  1. Utiliser des systèmes de communication différents (ex : communication simplifiée, images, etc, au lieu de consignes verbales complexes)

L’usage de la communication simplifiée peut être utile pour les consignes, mais ne pas en faire un mode de communication général : l’enfant est intelligent et apprend le langage en écoutant. Alors on peut utiliser des termes même complexes, c’est l’agencement du discours qui doit être clair (pas de sous-entendus : si on a des attentes, on doit les énoncer clairement et préalablement).

  1. Ne pas donner deux ordres en même temps et donner du temps suffisant pour faire les taches

Il est bon d’habituer à un rythme de travail, mais il faudrait procéder en deux temps : d’abord l’apprentissage et ensuite seulement la performance. Demander l’acquis et la vitesse ça ne va pas. Donc seulement à partir d’une maîtrise on aura ensuite la vitesse. Il faut le préciser si on le souhaite car un autiste n’a pas ce sentiment de vouloir coller à une performance de vitesse. Ce n’est pas un paramètre (on n’est pas dans la compétition et on aime profiter de ce qu’on fait, prendre plaisir à faire une tache calmement..). Si la vitesse est le but, il faut donc le préciser sans stresser et en respectant le rythme que l’enfant peut donner. Ce n’est pas parce qu’un jour il a été « formule 1 » qu’il pourra refaire le jour suivant la même performance (ça dépend de l’état de repos cérébral, d’un tas de choses ; chez les NT le fonctionnement est plus constant). Ne pas demander le maximum qu’on a pu faire un jour en prétextant que c’est notre niveau standard : ça c’est nous épuiser (pratique faite par certains employeurs qui se livrent au harcèlement moral en prétextant qu’on ne travaillerait pas assez…).

On donne donc une consigne à la fois, afin de ne pas saturer l’enfant et qu’il sente qu’il maîtrise la situation (ceci est très important aussi pour son auto-estime et joue énormément pour son accès à l’autonomie).

En cas de blocage : revenir à une tache qui relève de l’étape d’apprentissage précédente : donc on remonte à une zone de confort pour mieux repartir. Ça rassure et fait reprendre confiance en soi. Ensuite, on retente la nouvelle tâche.

Ne jamais insister si l’enfant se braque. Retenter ultérieurement et dans une ambiance calme.

Il faut un temps pour enregistrer une tache : ne pas passer d’une à l’autre en peu de temps car ça sature et ne permet pas un apprentissage solide.

S’assurer que l’enfant a compris mais sans le rabaisser, sinon il ne va pas oser dire s’il a des difficultés (il en va de même pour les NT). Ceci vaut aussi pour un adulte (ex : consignes de l’employeur).

Il est bon de donner un exemple illustré (exemple type) au lieu d’une phrase explicative. Donc on peut visualiser exactement ce qu’il faut faire.

Souvent, l’enfant n’a pas compris la consigne même. Alors il reste bloqué. Idem un adulte dans le monde du travail. Parfois on ne sait même pas expliquer ce qu’on n’a pas compris…

  1. Ne pas punir pour le comportement de l’enfant

Il faut expliquer pourquoi le comportement ne convient pas (sauf si cela tient juste à des traits autistiques qui s’expriment comme le flapping, qui n’a rien de mal). Hélas, les mouvements autistiques sont souvent traqués, donc on évite de les faire, mais cela mobilise une concentration énorme, qu’on pourrait utiliser pour autre chose. Les enfants autistes sont souvent hyperactifs. Alors bouger ce n’est pas non plus être mal élevé, mais un besoin naturel.

  1. Ne pas dire à l’enfant qu’il ne peut pas faire telle ou telle chose ou abaisser les attentes.

Il ne faut pas décourager l’enfant et/ ou le surprotéger en lui empêchant de faire des expériences ou d’apprendre des choses. Si l’enfant montre un intérêt pour une activité, il faut lui en donner accès, sans le juger d’emblée « incapable ». Ne pas lui poser des limites car l’enfant ne se les pose pas. Et donc ça permet qu’il adopte de bonnes stratégies d’adaptation sur-mesure. Tout apprentissage notamment spontané, en autodidacte, est une bonne chose.

Ne pas mettre la pression pour les notes à l’école. Ce n’est qu’une étape dans la vie. L’essentiel est la maitrise des bases qui serviront plus tard.

  1. Ne pas isoler la personne autiste du groupe social

Cela semble évident, mais parfois c’est sournois. Ceci implique que les NT doivent aller vers les autistes et non attendre l’inverse. Donc de l’empathie…

  1. Ne pas parler mal de la personne autiste en sa présence

Ceci sera vécu comme humiliant et donne un sentiment d’intrusion et impuissance, car ce n’est autre, encore une fois, qu’un jugement de valeur (cf. N° 1 et 5).

  1. Recueillir l’avis de la personne autiste

Même s’il s’agit d’un enfant, il est bien de demander son avis sans décider toujours à sa place. Il peut y avoir des besoins spécifiques en jeu, donc l’enfant doit être écouté pour pouvoir trouver des solutions. Ceci vaut aussi pour un adulte : souvent, l’entourage a tendance à décider à la place de la personne autiste qui peut avoir du mal à se faire entendre.

Pour un enfant, il ne s’agit pas de remettre en question l’autorité parentale, mais de lui de participer et savoir qu’il peut donner son avis (cela ne signifie pas que ce sera toujours suivi, mais il y aura une explication cohérente qu’il faudra donner à l’enfant, cela fait partie des apprentissages). Le fait de donner cette ouverture contribue à l’autonomie de l’enfant et à son épanouissement.

  1. Ne pas se contenter du diagnostic

Il faut considérer les caractéristiques autistiques et leur portée. Le diagnostic est un point de départ. Ne pas non plus l’utiliser pour des objectifs de « neurotypisation » (normalisation du comportement en ignorant les besoins spécifiques rattachés à l’autisme) car ce serait ne pas respecter le handicap.

Pensée Autistique

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