Conseils

Suivi des personnes autistes

En ce qui me concerne, je dis « suivi », car « prise en charge » est une terminologie que je n’apprécie pas et, comme le dit Josef Schovanec: « l’autisme n’est pas une charge ». La question est donc tranchée 😉

L’aide aux enfants autistes doit viser leur autonomie, et pas les « materniser ». Surtout ceux qui sont qualifiés comme « déficients intellectuels », donc faux déficients par définition si leur condition autistique est génétique, comme l’a dit Laurent Mottron.
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Il y a des moments charnière: ni trop tôt ni trop tard. Pour certains aspects, il faut prendre des distances avec ce qui est fait à tel ou tel âge par la neurologie dominante (au sens propre comme au sens figuré hélas): inutile de forcer l’arrivée du langage, par exemple.
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Il ne faut pas épuiser l’enfant car son cerveau a une façon de se développer qui lui est propre (cela varie d’un autiste à l’autre) et donc si on le force à une activité, on ne le laisse pas se dédier à l’étape d’éveil en cours dans son cerveau. Et ça va par étapes. Car notre pensée n’est pas linéaire ni hiérarchique.
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Malgré ce qu’en disent certains autistes, je peux affirmer que les autistes apprennent très bien par IMITATION. Et c’est un exercice INTELLIGENT car requiert de l’observation. Donc il faut que l’enfant autiste puisse être AVEC les personnes non-autistes. C’est cela plus que les formations intensives qui marche. Donc l’INTEGRATION en milieu normal. Avec tout le monde; une scolarisation normale. Du moins, dès que cela est possible, car parfois mieux vaut attendre un peu (ex: je suis entrée à l’école à sept ans, dans la classe correspondante, donc sans perdre d’années, car ma mère m’a préparée avant).

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Pensée Autistique

(posté aussi sur FB)

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Intérêts spécifiques

La terminologie utilisée en dit long sur la connaissance de l’autisme –

Ce n’est pas bien de dire au sujet d’un autiste qu’il « s’adonne à des jeux obsessifs ». L’intelligence autistique aime la répétition. C’est ainsi qu’on va modeler et développer les aires cérébrales. C’est notre gymnastique cérébrale. Alors il ne faut pas tenter de corriger ça. Plus tard, ça fera un métier avec l’un des intérêts spécifiques. Ce qui va de pair : notre besoin de solitude et de concentration dans nos intérêts spécifiques. C’est pareil à l’âge adulte, sauf qu’on apprend à s’adapter.

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Et ce que les gens ne savent pas des autistes c’est qu’on peut arriver à les approcher mais il ne faut pas être brusque. On n’aime pas les tons de voix forts ou les contacts trop rapprochés.

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Toute méthode éducative basée sur l’autorité et la crainte est vouée à l’échec avec un autiste. Car ces méthodes prennent appui dans une neurologie rattachée à la théorie de l’esprit, que les autistes n’ont pas. Expliquer clairement ce qu’on veut, ne pas sous-entendre ou gesticuler car même à l’âge adulte on ne va pas comprendre. Dire les phrases sans tournures car on ne comprend pas les sens cachés. Ne pas compter sur le regard pour communiquer quelque chose parce que nous on ne l’utilise pas pour ça. Personnellement, si je regarde dans les yeux (je suis obligée de le faire ceci dit, du moins un certain nombre de fois) je vais être déconcentrée car les yeux c’est l’âme, alors je vais me plonger dans l’âme de l’autre, ce qui donnera un regard profond et mal interprété. Je ne sais pas regarder autrement, difficile de doser. Alors je lance des coups d’oeil pas trop prolongés et si je peux, pour me concentrer, je regarde ailleurs. L’émotion n’est pas absente chez les autistes mais elle est trop intense, donc souvent insupportable. Alors on se coupe de ça dès le plus jeune âge. Donc aussi des câlins. C’est pourquoi il ne faut pas renoncer à tenter d’approcher un enfant autiste sans insister. Laisser qu’il vienne de lui-même aussi. Apprendre à gérer, canaliser les émotions c’est un grand défi pour un autiste. On en parle peu. Alors que cet émotionnel permettrait de mieux communiquer avec les autres. Donc il faudrait travailler sur ça, doucement, apprendre à l’enfant à reconnaître ses émotions.

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Pensée Autistique

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Petit « guide » pour enfant autiste

Il faut avoir une maîtrise de ses émotions et états d’âme pour s’occuper/ élever un enfant autiste.
Il sent tout. Il sent le manque d’assurance des autres. Il a besoin de se sentir dans de bonnes mains et que l’éducation repose sur des normes fixes et claires.
Plus il y aura de « rituels », plus il suivra facilement.
Evitez les défis stupides de l’amener dans des endroits qui lui causent une dramatique et épuisante surcharge sensorielle; si vous le pouvez optez pour vivre à la campagne, au moins dans sa petite enfance.
Et surtout arrêtez de le sous-estimer: parlez-lui et ce même s’il ne répond pas.
N’attendez pas qu’il réagisse immédiatement à ce que vous voulez lui apprendre et insister à outrance créera juste un rejet.
Respectez ses intérêts spécifiques et profitez de cela pour communiquer avec lui.
Ne cédez jamais aux caprices (je ne fais pas l’amalgame avec les besoins spécifiques) : c’est vous l’adulte.
Ne changez pas de règles au gré de vos états d’âme en interdisant aujourd’hui ce que vous aviez toléré hier: il faut une cohérence. Sinon vous perdrez votre autorité morale.
Ne JAMAIS frapper un enfant tout court et moins encore un enfant autiste. Si cela arrive, rien ne sera plus jamais comme avant et on se fermera vite, même si en apparence cela ne se voit pas. Idem si on nous crie. Crier = perte de contrôle du parent. Conséquence = perte d’autorité.
Evitez les écrans TV géants et si possible bannissez la TV (je n’en ai quasiment pas eu dans mon enfance et c’est une très bonne chose) : c’est source de stress, surcharge sensorielle et crée de la dépendance.
Ne laissez pas l’enfant autiste dans un coin sous prétexte qu’il « ne sait rien faire »: intéragissez avec lui, proposez-lui des activités.
Si l’enfant refuse les câlins, testez d’autres façons d’entrer en contact qui impliquent le toucher: c’est très important pour son développement émotionnel.
Peu à peu, il s’habituera au toucher. Les étreintes sont à éviter si l’enfant n’aime pas.
Et enfin, ne le punissez pas: on n’a pas la « théorie de l’esprit » et donc on ne comprend pas le principe de la punition. Pour moi, si quelqu’un me « punit » (certains adultes restent rivés dans ce schéma) je le classe en « personne méchante » ou ayant des soucis psychologiques. Je ne ferai jamais le lien entre punition et « leçon ». Une leçon implique COMPRENDRE. Une punition implique rabaisser et faire abus de pouvoir. Ça crée un sentiment d’impuissance et d’injustice.
Pensée Autistique
(publié également sur FB)

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23.03.2017

Souci technique…

En gros, dans ce blog on a juste la rubrique « Blog » qui permet de publier des articles les uns après les autres.

On peut créer autant de pages qu’on veut, sauf que ça ne sert à rien car une page est égal à un article seulement. Et dès qu’on fait « éditer », ça part dans la rubrique « Blog ».

La seule option sont les tags.

J’ai choisi ce blog parce que j’aime la présentation et d’autres que j’ai vu ne permettaient pas de voir facilement le blog après publication de l’article.

Donc l’autre option c’est faire les publications dans des rubriques mais sur un article unique et le reste le poser au fur et à mesure… donc c’est un peu free style et ça ne permettrait pas d’identifier les divers articles avec un lien (je veux dire pour toutes les rubriques hors celle « Blog »).

Bref, c’est exaspérant…. x-(

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